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Ferronnerie Art nouveau et stations fantômes du métro parisien

Ferronnerie Art nouveau et stations fantômes du métro parisien

Un parcours d'une journée à travers les ferronneries subsistantes d'Hector Guimard, trois quais peints et les stations fermées depuis 1939, le tout pour le prix de quelques tickets de métro.

Le métro parisien est cette pièce de l'architecture de la ville que la plupart des visiteurs traversent une douzaine de fois par jour sans jamais la regarder. Au-dessus du sol, le fer forgé de 1900 épelle encore le nom du réseau avec les capitales nonchalantes d'Hector Guimard ; en dessous, un quai a été transformé en sous-marin, un autre porte le texte intégral de la Déclaration des droits de l'homme, et deux autres sont plongés dans le noir depuis la semaine où la guerre a éclaté en septembre 1939. Voici un itinéraire. Suivi dans l'ordre, il coûte le prix de quelques billets, occupe la majeure partie d'une journée, et vous laisse regarder les stations ordinaires autrement pour le reste de votre séjour.

Commencez par celle qui n'a jamais bougé

Porte Dauphine (16e arrondissement, ligne 2) mérite la première étape parce que rien n'y a été déplacé ni reconstruit. C'est le seul édicule de type B d'origine subsistant, le kiosque entièrement couvert plutôt que la simple rambarde, toujours debout à l'endroit où Guimard l'a placé ; il a été restauré en 1999 et est classé monument historique. Les Parisiens l'ont surnommé La Libellule, et sous le flot de verre et de fer vert, la raison est évidente. La verrière semble portée par des ailes, et l'ensemble se lit comme une seule ligne continue, non comme un assemblage de pièces boulonnées.

Porte Dauphine — Édicule Guimard (ligne 2 du métro), Paris

Il est gratuit à regarder, sans contrôle d'accès ni limite de nombre, et le terre-plein sur lequel il se trouve est assez spacieux pour photographier un groupe de vingt personnes sans gêner l'escalier. Cette combinaison est plus rare sur cet itinéraire qu'on ne le croirait. Si vous voyagez en groupe plutôt qu'en couple, c'est l'arrêt où vous briefez tout le monde, distribuez les tickets et donnez le ton ; presque toutes les autres entrées plus à l'est sont plus fréquentées.

Les ferronneries de Guimard le long de la rive droite

Prenez la ligne 2 vers l'est et les ferronneries défilent. Monceau (8e arrondissement, boulevard de Courcelles) est le plus calme des grands décors de Guimard : un boulevard résidentiel tranquille, une seule entrée, pas de foule à contourner. Il a été classé monument historique par décret en 2016, et les grilles du parc juste en face font l'explication à votre place. Deux versions d'une même ville Belle Époque se font face à trente mètres, l'une civique et formelle, l'autre faite de courbes fouettées et de formes organiques. Pour un groupe de quinze à vingt-cinq personnes, c'est l'étape la plus confortable de la liste.

Anvers (9e arrondissement, square d'Anvers) est tout le contraire en termes d'ambiance. Inaugurée en 1902 et inscrite en 1978, c'est la bouche de Guimard la mieux conservée du nord de la ville, et aussi la porte touristique principale de Montmartre, située à environ 100 mètres du funiculaire du Sacré-Cœur. Elle absorbe les groupes, mais elle est vraiment fréquentée dès le milieu de la matinée. Venez tôt si vous voulez photographier la ferronnerie sans monde ; venez plus tard et acceptez de la photographier à travers une foule en mouvement.

Anvers — Entrée Guimard, square d'Anvers (ligne 2 du métro), Paris

Abbesses (Montmartre, 18e arrondissement) est l'autre kiosque vitré subsistant, et son histoire est sincère plutôt que pure : il se trouvait à l'origine à l'Hôtel de Ville et a été déplacé ici en 1974. En dessous se trouve la cage d'escalier peinte, la raison pour laquelle la plupart des gens viennent, et un véritable problème pratique. Avec 36 mètres de profondeur, c'était la station la plus profonde du réseau jusqu'à ce que Villejuif–Gustave Roussy prenne le titre en 2025. L'unique escalier en spirale est une descente délicieuse pour deux personnes et un goulot d'étranglement pour douze ; pour les groupes plus grands, envoyez-les monter et descendre par l'ascenseur, et laissez ceux qui veulent vraiment voir les fresques prendre l'escalier.

L'île et le Quartier Latin

Traversez sur la ligne 4 et le ton passe du mobilier urbain à l'ingénierie. Cité (Île de la Cité, 1er arrondissement) est classée depuis 1965 et associe une bouche de Guimard classée au-dessus à l'un des espaces les plus théâtraux du réseau en dessous : une salle à caisson enfoncée dans le lit de la rivière plutôt que creusée en tunnel, plus proche d'une cale de navire que d'une station. C'est la seule station de l'île, donc son entrée unique accueille tout le monde. C'est bien pour un groupe, mais les volées de marches sont étroites. Deux ascenseurs, installés en 1911, offrent une descente alternative et valent la peine d'être utilisés avec ceux qui ne veulent pas faire la queue dans les escaliers. Vous émergez entre Notre-Dame et le marché aux fleurs, ce qui en fait l'étape la plus facile à intégrer dans une journée que vous aviez déjà planifiée.

Une station plus au sud, Saint-Michel (Quartier Latin, place Saint-Michel) est l'image qui vend tout l'itinéraire : l'entourage classique avec son enseigne en lettres, la version que la plupart des gens imaginent quand ils pensent au métro parisien, placée sur l'une des places les plus célèbres de la ville. L'entrée est très ouverte et convient à n'importe quelle taille de groupe. La place, elle, n'en a rien à faire : elle est bondée dès la fin de matinée, et l'après-midi vous devez négocier avec trois autres personnes essayant de prendre la même photo. Tôt est mieux ici pour la même raison qu'à Anvers.

Deux réponses centenaires à Guimard

Le centenaire du métro en 2000 a produit deux réponses très différentes, situées à quelques minutes de marche l'une de l'autre. Châtelet (1er arrondissement, place Sainte-Opportune) possède un édicule qui n'est pas original et ne prétend pas l'être : une reconstruction de 2000, copiée du kiosque perdu de la gare de Lyon. C'est l'endroit le plus facile du centre de Paris pour se tenir près de la forme complète de l'édicule et comprendre comment le toit, l'entourage et l'enseigne étaient censés fonctionner comme un objet unique. Le piège, c'est la circulation. C'est la porte de rue du plus grand échangeur du réseau, et elle est utilisée intensivement toute la journée. Briefez les gens sur le trottoir, jamais sur les marches.

Palais Royal – Musée du Louvre (1er arrondissement, rue de Rivoli) abrite la réponse moderne. Le Kiosque des Noctambules de Jean-Michel Othoniel, également commandé pour le centenaire, enfile des perles de verre coloré sur une armature en aluminium : le même instinct que Guimard, une entrée qui s'annonce, dans un matériau entièrement différent. Ce qui rend l'arrêt digne d'un détour, c'est la comparaison possible à moins de 200 mètres. Deux bouches de Guimard classées se dressent contre le mur du Louvre, rue de Rivoli, permettant de voir 1900 et 2000 en cinq minutes. Le kiosque lui-même est petit ; admirez-le depuis le trottoir et faites descendre le groupe par les entrées de la rue de Rivoli plutôt que de vous y entasser.

Là où le quai est l'œuvre d'art

Trois quais du réseau abandonnent complètement la neutralité. Arts et Métiers (3e arrondissement, ligne 11) est le plus célèbre. Le projet de François Schuiten pour le bicentenaire du Conservatoire, datant de 1994, recouvre tout le tube de cuivre riveté avec des hublots encastrés dans les murs, transformant le quai en intérieur du Nautilus de Jules Verne. Il est en service, gratuit pour toute personne munie d'un ticket valide ou d'un pass Navigo, et sans obstacle pour les groupes. Mais c'est aussi un tube étroit avec aucun espace pour reculer ; allez-y hors des heures de pointe, restez derrière la ligne jaune et attendez un ou deux trains pour obtenir une vue dégagée.

Arts et Métiers — le quai en cuivre inspiré du Nautilus (ligne 11 du métro), Paris

Concorde (8e arrondissement, ligne 12) est plus sobre et plus étrange. L'œuvre de Françoise Schein de 1990 dispose le texte intégral de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 sur environ 1 000 mètres carrés de carrelage blanc, lettre par lettre, sans ponctuation ni espace pour vous faciliter la lecture ; la lire demande un véritable effort. Assurez-vous d'être sur le quai de la ligne 12. Les quais des lignes 1 et 8 en dessous sont simples, et des gens repartent déçus pour n'avoir jamais trouvé le bon niveau. La ligne 12 est aussi la plus calme des trois, ce qui en fait un meilleur endroit pour s'arrêter et lire réellement.

Louvre–Rivoli (1er arrondissement, ligne 1) a été la première station-musée de France, créée sous André Malraux en 1968, et elle vient avec un avertissement à connaître avant de faire le déplacement. Les neuf grands moulages en plâtre (la Vénus de Milo, le Scribe accroupi, entre autres) sont partis en restauration aux ateliers du Grand Palais–RMN au printemps 2026, et la RATP n'a pas annoncé de date de retour. Les pièces sous vitrine sont toujours en place, donc la station n'est pas vide, mais vous ne verrez pas l'ensemble du dispositif. La ligne 1 est automatisée et très fréquente ; restez bien loin du bord.

Bastille garde ce qu'elle a perdu

Bastille (11e arrondissement, lignes 1, 5 et 8) fait partie de cet itinéraire précisément à cause d'une perte. Le pavillon de Guimard original y a été démoli en 1962 ; le dernier vestige de l'entourage, déménagé sur le boulevard Beaumarchais, y est encore debout, orphelin de la station pour laquelle il avait été dessiné. Cette démolition est la moitié de l'histoire de la survie de si peu d'édicules. Pendant des décennies, les ferronneries ont été perçues comme du désordre, non comme du patrimoine.

Bastille — Entrée Guimard et vestiges de la forteresse (lignes 1, 5, 8 du métro), Paris

Ce qui compense, c'est en dessous. Des pierres de la forteresse elles-mêmes subsistent au niveau du quai, ce qui en fait l'unique arrêt où l'architecture et l'histoire du site se rencontrent sans aucun panneau explicatif. Les quais sont amples et les multiples entrées de rue absorbent facilement les groupes, mais le quai de la ligne 1 est en courbe et possède des portes palières ; faites rester tout le monde à distance du bord pendant qu'ils cherchent les pierres.

Trois stations qui se sont arrêtées

En septembre 1939, de nombreuses stations de métro ont fermé, et la plupart ont rouvert. Trois d'entre elles sont la raison même de cet itinéraire.

Cluny–La Sorbonne (Quartier Latin, ligne 10) a fermé le 2 septembre 1939 et est restée dans le noir pendant 49 ans. Elle a rouvert en décembre 1988 avec la mosaïque Les Oiseaux de Jean Bazaine déployée au-dessus, et c'est la charnière de tout le voyage : l'unique station oubliée que l'on peut visiter plutôt qu'entrevoir. L'unique entrée sur le boulevard Saint-Germain est fréquentée, mais le quai est large et accueille un groupe sans difficulté.

Saint-Martin (10e arrondissement, visible depuis la ligne 9) n'est jamais rouverte. C'est la plus grande station fantôme de Paris, et depuis que les quais de la ligne 8 ont été murés en 2008, la seule façon de la voir est depuis un train en mouvement : prenez une rame de la ligne 9 en direction de l'ouest entre Strasbourg–Saint-Denis et République et regardez par la vitre. Toute taille de groupe convient, puisque vous ne vous arrêtez nulle part. Croix-Rouge (6e arrondissement, visible depuis la ligne 10) obéit à la même discipline avec moins de temps : l'ancien terminus de 1923, fermé en 1939 et jamais remis en service, est toujours utilisé pour des tournages de films et des séances photo. Asseyez-vous du côté droit dans le sens est à partir de Sèvres-Babylone et guettez une fenêtre de deux secondes de carrelage éclairé.

Celle qu'il faut réserver

Porte des Lilas – Cinéma (frontière des 19e et 20e arrondissements, lignes 3bis et 11) est la station qui n'existe pour le public que quelques jours par an. Fermée toute l'année, elle est utilisée environ cinq fois par an pour des tournages, notamment Amélie et Ronin, et n'ouvre aux visiteurs que pour les Journées européennes du patrimoine. L'entrée est gratuite mais sur réservation en ligne avec des créneaux horaires, et les créneaux partent en quelques minutes. Pour 2026, la RATP propose sa billetterie gratuite en deux vagues, à midi le 8 septembre et à midi le 15 septembre ; aucune réservation de groupe n'est proposée, donc chacun réserve individuellement. Mettez un rappel pour ces deux dates.

Le parcours en une journée

Un ordre judicieux est Porte Dauphine → Monceau → Anvers → Abbesses pour les ferronneries, une pause café à Montmartre, puis Concorde et Palais Royal → Louvre–Rivoli → Châtelet à travers le centre, Cité et Saint-Michel sur l'île et la Rive Gauche, Cluny–La Sorbonne sur la ligne 10 avec un aperçu de Croix-Rouge en chemin, et Arts et Métiers et Bastille pour finir. Saint-Martin s'insère quand vous êtes près de la ligne 9. C'est une journée complète à un rythme de marche avec des arrêts, et il est facile de la réduire de moitié : la moitié ferronnerie et la moitié art souterrain fonctionnent indépendamment. Si vous voulez le contexte plus large de la ville autour de ces arrêts, le guide de Paris couvre ce qui se trouve au-dessus de chacun d'eux.

Notes pratiques

Un billet de métro simple coûte 2,55 € en 2026, ou 17,35 € pour dix chargés sur une carte Navigo Easy. La recharge de dix tickets est l'achat évident pour ce parcours, car vous ferez huit à douze trajets. Tout ce qui est listé est gratuit à voir ; vous ne payez que pour vous déplacer. Toute passe Navigo couvre tout, et les œuvres sur les quais ne coûtent rien de plus avec un titre valide.

Vous n'avez pas besoin d'espèces. Les distributeurs et les guichets RATP acceptent les cartes sans contact, et il n'y a aucun droit d'entrée sur ce parcours.

Anvers et Saint-Michel sont dégagés avant environ 10h et difficiles après. Arts et Métiers nécessite un creux, donc visez la mi-matinée ou le début d'après-midi et évitez la cohue de 8h à 9h et de 18h à 19h. Porte Dauphine et Monceau sont calmes à toute heure. Porte des Lilas – Cinéma est uniquement ouvert le week-end du patrimoine, avec réservation ouverte à midi les 8 et 15 septembre 2026.

Monceau, Porte Dauphine et Bastille gèrent vingt personnes ou plus sans difficulté. Abbesses non, du moins pas sur l'escalier en spirale, alors utilisez l'ascenseur. Arts et Métiers et le kiosque du Palais Royal sont physiquement restreints et mieux en petits groupes ou par rotation. Rien sur ce parcours n'a de politique d'accès, mais plusieurs de ces endroits manquent vraiment de place.

Prévoyez 17,35 € pour les billets et ce que vous dépensez en café ; l'architecture elle-même est gratuite. En restant central, dans les 1er, 4e, 5e ou 9e arrondissements, la plupart de ce parcours se trouve à un quart d'heure de trajet, et une recherche d'hôtels à Paris filtrée sur ces arrondissements vous fera gagner une heure de déplacement sur deux jours.

Good to know

FAQs

Quelle station de métro parisien a la meilleure entrée Art nouveau ?

Porte Dauphine sur la ligne 2, dans le 16e arrondissement. C'est le seul édicule de type B d'origine (le kiosque entièrement vitré) encore debout à l'endroit où Hector Guimard l'a placé, restauré en 1999 et protégé comme monument historique. Abbesses à Montmartre possède l'autre kiosque vitré survivant, mais il y a été déplacé de l'Hôtel de Ville en 1974.

Peut-on visiter les stations de métro parisiennes abandonnées ?

Cela dépend de la station. Cluny-La Sorbonne a fermé en 1939 et a rouvert en décembre 1988, donc vous pouvez vous tenir sur son quai normalement sur la ligne 10. Saint-Martin et Croix-Rouge ne peuvent être vues que depuis un train en circulation : ligne 9 direction ouest entre Strasbourg-Saint-Denis et République, et ligne 10 direction est depuis Sèvres-Babylone. Porte des Lilas-Cinéma n'ouvre au public que lors des Journées européennes du patrimoine en septembre, gratuitement mais avec des billets à créneaux réservés en ligne.

Combien coûte ce parcours de métro en 2026 ?

Un billet simple coûte 2,55 €, ou 17,35 € pour dix voyages chargés sur une carte Navigo Easy, ce qui est l'achat judicieux puisque le parcours complet implique huit à douze trajets. Toutes les entrées et quais mentionnés sont gratuits, donc les billets représentent la totalité des frais. Toute passe Navigo couvre l'ensemble.

Les sculptures de Louvre–Rivoli sont-elles toujours exposées ?

Partiellement. Les neuf grands moulages en plâtre, dont la Vénus de Milo et le Scribe accroupi, ont été envoyés aux ateliers de restauration du Grand Palais-RMN au printemps 2026, et la RATP n'a pas annoncé de date de retour. Les pièces sous vitrine sont toujours en place, donc la station mérite le détour, mais vous ne verrez pas l'intégralité de la présentation muséale de 1968.

Comment réserver des billets pour Porte des Lilas – Cinéma en 2026 ?

Via la billetterie en ligne gratuite de la RATP pour les Journées européennes du patrimoine, proposée en deux vagues à midi le 8 septembre et à midi le 15 septembre 2026. Les créneaux sont horodatés et partent en quelques minutes, et il n'y a pas de réservation de groupe, donc chaque membre de votre groupe doit s'inscrire individuellement.

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